Archive Art Africain
Masque Kumu
































Masque Kumu
Masque facial Nsembu, Kumu, R. D. Congo, région forestière du Nord-Est
Provenance : collection particulière, Belgique
Datation estimée : circa 1930
Dimensions : 30 x 18 cm
Matériau : bois
Masque africain à la structure simplifiée à l’extrême, l’expression est puissante ; les cavités oculaires, de même que la bouche, laissent place à une béance presque angoissante. Très beau masque dynamique aux traits schématisés.
L’utilisation du nsembu est limitée à la société nkunda réservée aux devins, babankundu. Il intervient lors des rites d’initiation au cours desquels les impétrants, parents d’un devin défunt, intègrent à leur tour la société secrète. Perçu comme l’incarnation de l’esprit de la divination, le masque ne peut être vu que par les initiés. Ainsi, lors d’une cérémonie nocturne, les masques nsembu, biangolo le père et ibole la mère d’ongondo le non-initié, sont enveloppés dans une étoffe d’écorce et apportés au village par les futurs devins.
D’après Christopher Roy, le couple de danseurs revêt un costume d’écorce et de roseau à l’intérieur d’une maison spécifique au toit conique, ornée de panneaux de bois peint. Lors de leur sortie au son des cornes, les masques exécutent une danse, assis sur un banc en agitant la tête et les bras. Daniel Biebuyck note à ce propos la similitude de ces traditions avec celle des grands masques Lega muminia qui dansent à l’intérieur de la maison d’initiation.
Statue Ngbaka, R. D. Congo
Provenance : Collection privée, Belgique
Datation présumée : 1er quart du XXe siècle
Hauteur : 34 cm (38 cm avec socle)
Masque Kifwebe, Luba, R. D. Congo
Provenance : collection artiste-peintre, Belgique
Datation estimée : 1ère moitié XXe siècle
Hauteur : 35 cm (67 cm avec socle)
Matériaux : bois, raphia
Masque de maladie Mbangu, Pende, R. D. Congo
Provenance : collection coloniale, Belgique
Datation estimée : années 1930
Hauteur : 24 cm (39 cm avec socle)
Matériaux : bois, pigments, raphia
Masque miniature Lukungu, Lega, R. D. Congo
Provenance :
Collection Musée Ribauri, Lasne, Belgique
Collection J. Van der Straete, Lasne, Belgique
Collection privée, Belgique
Datation présumée : première partie du XXe siècle
Hauteur : 9 cm
Masque, Zande, R. D. Congo
Provenance : collection privée, Belgique
Datation présumée : milieu XXe siècle
Hauteur : 27 cm (37 cm avec socle)
Matériau : bois
Masque, Pende, R. D. Congo
Provenance : collection privée, Belgique
Datation présumée : avant 1940
Hauteur : 40 cm (53 cm avec socle)
Matériaux : bois, raphia, pigments
Charme Mbwoolo Kiteki, Yaka, R. D. Congo
Provenance :
Marc Leo Felix, Bruxelles
Kellim Brown, Bruxelles
Exposé lors de BRUNEAF 2022
Datation estimée : première moitié du XXe siècle
Hauteur : 19,5 cm
Matériau : bois
Cette petite figurine africaine Yaka appelée Mbwoolo Kiteki était utilisée pour soutenir le traitement d'une malédiction héréditaire.
À l'origine, la malédiction mbwoolo entre dans une lignée par le vol d'un objet placé sous la protection du charme et devient une affliction héréditaire destinée à réapparaître chez les futurs descendants. Sa capacité curative peut être induite par celui qui a invoqué le premier la malédiction mbwoolo ou par un praticien rituel spécial qualifié pour l'activer.
L'influence de cette malédiction peut « rendre malade » ou « guérir ».
Support inclus.
Couteau faucille ou trumbash mambele ou dupa, Mangbetu
Nord-Est de la R. D. Congo
Provenance : collection Loiseau & Zajega
Datation estimée : circa 1920 - 1930
Hauteur : 34 cm
Matériau : métal
Ce couteau africain asymétrique appelé mambele ou dupa se décline en de nombreux types différents et a été reproduit et utilisé par les voisins des Mangbetu (Boa, Zande…). Le travail de forge est remarquable, la lame présente des facettes et des appendices. On peut voir les lignes d’étirement du métal à chaud et l’usure atteste d’un âge ancien et d’un usage certain.
Le manche en ivoire bruni est lui aussi particulièrement soigné, galbé et évasé.
Les Mangbetu étaient un peuple guerrier, les Zande connus pour leur armée organisée n’ont jamais réussi à les dominer. Les armes de guerre ont perdu leur usage premier avec l’apparition des fusils et se sont transformées en symbole de statut et de pouvoir. Les forgerons mangbetu ont aussi produit des couteaux destinés aux colons dès le début du XXe siècle. Ces armes faucilles au design moderne et au manche en ivoire attiraient les Européens et se marient d’ailleurs toujours fort bien avec d’autres pièces d’art tribal africain chez les collectionneurs.
Des couteaux du même type sont publiés dans le livre MANGBETU, Couteaux faucilles et poignards, LEFEBVRE Luc; DE WAELE Danny, 2008.
Expertise et analyse de cette arme effectuée par Luc Lefebvre.
Statuette magico-religieuse, Teke, République du Congo, plateau de Mbé
Provenance : collection privée majeure d’art Teke, France
Datation estimée : fin XIXe - début XXe siècle
Hauteur : 19,5 cm
Matériaux : bois, substances magiques
Dans les aires culturelles d'influence bantou, le terme nganga est souvent employé et recouvre des fonctions diversifiées parmi lesquelles thérapeute, devin, prêtre, sorcier, etc. Le traitement des maladies fait partie des attributions principales des nganga chez Teke. Les figurines magico-religieuses interviennent régulièrement dans le cadre des techniques thérapeutiques. Le nganga fait souvent payer fort cher ses services, qui comprennent la fabrication des kiteki na matompa, soumis à des rites complexes se déroulant généralement sur plusieurs semaines. Sang animal, plantes spécifiques et argile constituent les matières vives du bilongo que l'on applique sur le corps de la figurine. Le reliquaire est obturé à l'aide d'étoffe ou de peau solidement maintenue par des cordelettes au niveau du cou et du ventre laissant les jambes visibles.
Comme le confirment les études comparatives menées précédemment, on voit que le sommet de la tête ainsi que l'abdomen ont fait l'objet d'apports de substances magiques. Ces parties de corps sont en effet considérées comme des vitales. Les substances "magiques" constituent les principales composantes des objets de pouvoir. Il arrive, comme on le voit ici, que des figures Teke très ravinées aient perdu leur bilongo ; désormais leur secret n'est plus préservé. Ceci est dû non au hasard mais à la volonté d'une effraction qui laisse béant le creux de l'abdomen. Il est fréquent que le propriétaire d'une statuette racle un bilongo ayant prouvé son efficacité. La poussière ou des fragments sont alors utilisés comme médicaments, pour l’usage personnel du propriétaire ou pour d'autres personnes. Cet acte de "désacralisation" laisse des traces sur les œuvres : présence de simples orifices dans lesquels étaient insérés quelques éléments, ou profondes cavités ayant abrité une charge volumineuse.
Rares sont les domaines de la vie pour lesquels les Teke ne font pas appel à la protection d'objets. Ainsi, au moment de l'accouchement, le nganga présent prépare les médicaments dans la composition desquels entrent la poussière de bilongo destinée à réduire les maux dus à l'enfantement. Du placenta sera aussi mélangé au bilongo d'une statuette qui accompagnera l'enfant pour de nombreuses années.
D'une point de vue iconographique, les sculptures illustrent une variété de styles traduisant l'existence d'artistes de cultures différentes. Les Teke constituent d'ailleurs l'un des plus importants groupes ethniques du Congo, se subdivisant en sous-groupes dont les Lali, Lari, Mfinu, Sundi, Tsaye. Toutefois, les sculpteurs semblent respecter un ensemble de conventions menant à une composition structurée de façon constante. Le port de la barbe constituerait le signe d'un statut privilégié tandis que les scarifications traduisent soit l'origine du groupe pour lequel la statuette a été sculptée soit l'appartenance.
Hache de parade, Kilonda, Nsapo, Songye, sud-est de la R. D. Congo
Provenance : collection Loiseau & Zajega
Datation estimée : première partie du XXe siècle
Hauteur : 47 cm
Matériaux : bois, fer et cuivre
Cette hache appelée kilonda est une arme de prestige et d’apparat. Ces haches traditionnelles bien connues des collectionneurs d’armes africaines et d’art tribal, sont généralement dénommées « haches songye ». On les retrouvait en effet au Maniema, Kasaï, nord Katanga, dans la province actuelle du Lomami en R. D. Congo.
Elles servaient de monnaie d’échange, mais avant tout de symbole d’autorité reflétant le prestige des chefs ; elles sont aussi des insignes remis aux émissaires témoignant de leur pouvoir.
Ce modèle se caractérise par sa lame en branche. Elle est en forme de croissant fixée perpendiculairement au manche par trois branches : une centrale ornée de têtes et de deux latérales torsadées, toutes noircies. Le métal semble d’une souplesse incroyable. Le manche est recouvert de feuilles de cuivre fixées par des pointes de cuivre. Les têtes ressemblent aux masques sont similaires aux célèbres masques Kifwebe.
Des haches similaires sont publiées dans le livre KILONDA, Haches des Songye et voisins, 2011 LUC LEFEBVRE & DANNY DE WAELE. N°38, 39 et 40.
Expertise et analyse de cette épée courte effectuées par Luc Lefebvre.
Masque Kumu, R. D. Congo
Provenance : collection privée, Belgique
Datation estimée : 1ère moitié XXe siècle
Hauteur : 30 cm ( 40 cm avec socle)
Matériau : bois