Archive Art Africain
Masque Salampasu
Masque Salampasu
Masque Mukinka, Salampasu, R. D. Congo, Masuika, Kasaï central
Provenance : collection privée Lecocq, Belgique
Datation estimée : circa 1930
Hauteur : 29 cm (59 cm avec extensions)
Matériaux : bois, cuivre, laiton, fibres végétales
Masque Salampasu des années 1930 que nous avons récolté chez Mme Lecocq en Belgique. Le faciès y est classique, un front proéminent bombé à souhait surplombant des yeux étirés, un court nez au volume généreux accompagné de dents ciselées couvertes de kaolin. Une superbe et longue barbiche tressée composée de fibres végétales appelée “barbe de malala” est fixée dans un trou central bordant le dessous du menton pointu.
À l’arrière, une coiffe composée de boules « iilala » est destinée à maintenir le masque sur la tête du porteur.
Le masque est recouvert intégralement d’un plaquage de bandelettes métalliques fixées à l’aide de clous en laiton.
Il est inopportun de vouloir donner à tout prix un nom particulier au masque. N’oublions pas que le commanditaire d’un masque peut tenir à le personnaliser en commémorant un défunt de son entourage, comme c’est le cas ici selon les récits de Mme Lecocq. Quant au rôle des masques dans la culture Salampasu, l’individu mâle devient un homme pas à pas, à condition de se soumettre aux étapes successives par lesquelles il se conforme au rôle du héros «Mbanji» et qui lui permettent de prétendre à l’un ou l’autre type de masque.
Les Salampasu dans l’art tribal africain
Les soixante mille Salampasu vivent à la frontière entre la République démocratique du Congo et l’Angola. Ils ont maintenu de fortes relations commerciales et culturelles avec leurs voisins méridionaux, les Chokwé et les Lunda, à qui ils paient un tribut. Les Salampasu sont dirigés par des chefs assistés d’administrateurs de territoires et villages. Cette structure hiérarchisée est contreblancée par la société des guerriers.
Leurs masques, très réputés, sont reconnaissables à leur front bombé, leurs yeux allongés, leur nez triangulaire et leur bouche rectangulaire laissant apparaître les dents. L’âge de ces masques peut être déterminé en partie sur base de variations stylistiques. Le type le plus ancien porte des chéloïdes et une patine croûteuse rouge. Un style plus tardif n’a plus ces scarifications tandis que le plus récent, présentant des traits simplifiés, est beaucoup plus épais.
Quelques fois, le masque peut être couvert de plaques de cuivre et porter des grelots de fibres végétales attachés au menton. Ces masques étaient utilisés lors des cérémonies liées à la société des guerriers. Il en existe divers types dont les fameux Mukinka.

























Couteau faucille ou trumbash mambele ou dupa, Mangbetu
Nord-Est de la R. D. Congo
Provenance : collection Loiseau & Zajega
Datation estimée : circa 1920 - 1930
Hauteur : 34 cm
Matériau : métal
Ce couteau africain asymétrique appelé mambele ou dupa se décline en de nombreux types différents et a été reproduit et utilisé par les voisins des Mangbetu (Boa, Zande…). Le travail de forge est remarquable, la lame présente des facettes et des appendices. On peut voir les lignes d’étirement du métal à chaud et l’usure atteste d’un âge ancien et d’un usage certain.
Le manche en ivoire bruni est lui aussi particulièrement soigné, galbé et évasé.
Les Mangbetu étaient un peuple guerrier, les Zande connus pour leur armée organisée n’ont jamais réussi à les dominer. Les armes de guerre ont perdu leur usage premier avec l’apparition des fusils et se sont transformées en symbole de statut et de pouvoir. Les forgerons mangbetu ont aussi produit des couteaux destinés aux colons dès le début du XXe siècle. Ces armes faucilles au design moderne et au manche en ivoire attiraient les Européens et se marient d’ailleurs toujours fort bien avec d’autres pièces d’art tribal africain chez les collectionneurs.
Des couteaux du même type sont publiés dans le livre MANGBETU, Couteaux faucilles et poignards, LEFEBVRE Luc; DE WAELE Danny, 2008.
Expertise et analyse de cette arme effectuée par Luc Lefebvre.